Il ne faut pas oublier que cette notion de petits débuts ne fait pas référence à une formule commerciale selon laquelle « commencer petit, c’est réussir gros plus tard ». La Bible ne s’intéresse pas à la réussite personnelle ou à l’accroissement de la popularité, mais à la volonté et à la souveraineté de Dieu. La valeur d’un simple acte d’obéissance ne dépend pas de ses résultats, mais de la personne à qui il est adressé. La sincérité discrète dans l’obéissance enfouie dans le zèle déployé pour Dieu demeure souvent plus durable que l’ambition de briller aux yeux des hommes.
L’Église primitive s’est aussi construite selon ce principe. Dans Actes 2, on voit que la croissance de l’Église ne s’est pas faite en conquérant la puissance politique ou la domination immédiate. Après la Pentecôte, ce sont des croyants qui, par leur repentance, communion, partage et prière, ont permis à l’Évangile de se répandre. Le changement de vie dans une ville, dans une famille, dans un individu résume cette croissance. L’essentiel n’est pas dans des événements spectaculaires, mais dans la puissance de la Parole de vie et dans l’action du Saint-Esprit. La santé de l’Église doit être mesurée moins par ses chiffres que par la fidélité à la vérité de l’Évangile et la sainteté de ses membres.
Nos applications quotidiennes ne sont pas éloignées non plus. Même les jours où nous ne pouvons pas lire beaucoup de la Bible, continuer à faire l’effort, à rester concentrés dans la prière, à reconnaître nos péchés sans faire d’excuses, à garder la paix avec nos proches à défaut de mieux, voilà qui fonde la foi réelle. La constance dans l’étude de la Parole, même avec des outils simples comme la lecture biblique ou le plan de lecture de 365 jours, peut aider à créer un rythme fidèle. L’essentiel est moins dans la quantité accomplie que dans la fidélité à rester près de la Parole.
Il faut aussi apprendre à laisser tomber la comparaison dans la vie chrétienne. La croissance chez certains paraît plus rapide, chez d’autres plus riche en dons. Mais Dieu ne traite pas chacun à la même vitesse. L’important, c’est de rester chaque jour sous la conduite de la parole du Seigneur, en prenant racine dans sa parole. Une fois que la racine atteint la parole, la saison passera, et le fruit viendra. Parfois, même si on ne voit pas immédiatement, notre entourage remarquera d’abord ce changement.
Au fond, la croissance dans la foi n’est pas tant une question d’ascension spectaculaire, mais un processus de devenir une personne qui fait davantage confiance au Seigneur. La course contre la montre pousse à chercher des grands exploits, mais Dieu agit souvent dans l’ombre, à travers de petites obéissances. Même si notre parcours semble lent ou insignifiant, il ne faut pas mépriser ces pas, car c’est Dieu même qui les utilise. Quand on regarde une journée, même sans fierté particulière, si nous aons simplement tenu ferme dans la Parole, évité le mal, et choisi la patience, alors cette journée n’est pas perdue. Dieu construit ses enfants dans l’ombre, en faisant grandir en eux une vie précise et authentique à partir de débuts modestes.
Lorsque la croissance est lente, il ne faut pas sous-estimer l’importance d’une attitude qui ne considère pas les petits actes comme insignifiants. Même si on ne ressent pas de bouleversement intérieur, le temps consacré à la Parole n’est pas vain. Si l’on ne voit pas de réponse immédiate lors de la prière, cela ne veut pas dire que Dieu est silencieux. Le croyant est celui qui reste fidèle, qui s’appuie sur la fidélité de Dieu plutôt que sur des résultats visibles. Ces petites fidélités quotidiennes témoignent de la confiance en la fidélité de Dieu. Dieu, par ces pas discrets, nous façonne, nous soutient, et nous rend plus semblables à Christ.